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C H A I R S Cette chair, cette carne, Ces lambeaux décomposés Ont étés ma chère âme, Mes rêves les moins sensés. Dans cette forêt d'ombres, Où les loups vont manger ! Traîne, comme un chien sombre, L’amour abandonné. Cet humus en devenir, Ces humeurs suintantes, Ont contenues vos rires Et toute ma puissance. Les mouches nécrophages Vont encore se repaîtrent De vos viandes sans age Qu'elles n'ont jamais vu naître. Cachée sous la futaie, Vous m'attendez mon âme. Laissez-moi terminer Tous mes vagabondages... Que n'êtes vous brûlée ? Réduites en fines cendres, Que j'aurais dispersés, Au vent d'automne ma tendre. Mais, cet être putride Que j'admire maintenant, Sur cette terre humide Contient tous mes tourments. Je vous envie ma chair, Je vous jalouse mon cœur, Vous êtes devenu terres Qui nourrissent les fleurs. © |