C H A I R S


Cette chair, cette carne,
Ces lambeaux décomposés
Ont étés ma chère âme,
Mes rêves les moins sensés.

Dans cette forêt d'ombres,
Où les loups vont manger !
Traîne, comme un chien sombre,
L’amour abandonné.

Cet humus en devenir,
Ces humeurs suintantes,
Ont contenues vos rires
Et toute ma puissance.

Les mouches nécrophages
Vont encore se repaîtrent
De vos viandes sans age
Qu'elles n'ont jamais vu naître.

Cachée sous la futaie,
Vous m'attendez mon âme.
Laissez-moi terminer
Tous mes vagabondages...

Que n'êtes vous brûlée ?
Réduites en fines cendres,
Que j'aurais dispersés,
Au vent d'automne ma tendre.

Mais, cet être putride
Que j'admire maintenant,
Sur cette terre humide
Contient tous mes tourments.

Je vous envie ma chair,
Je vous jalouse mon cœur,
Vous êtes devenu terres
Qui nourrissent les fleurs.



©

Vendredi 16 mai 2008
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